lundi 18 décembre 2017

The Square de Ruben Östlund

       
     

Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle. (AlloCiné) 


"Si tu veux voir un film barré et perché, va voir The Square" *clap clap*
"Si tu veux voir un film barré et perché, va voir The Square" *clap clap*
Parce que barré et perché sont les premiers adjectifs qui me viennent à l’esprit en évoquant ce film vu en avant-première et suivi d’un débat avec le réalisateur et l’acteur principal, Claes Bang.
Ce film, Palme d’Or au festival de Cannes, est ambitieux et aborde beaucoup de thèmes, en opposition les uns avec les autres : richesse et pauvreté, pouvoir et impuissance, le tout sous fond d’une exposition d’art contemporain baptisée The Square.
C’est satirique, ne nous voilons pas la face j’ai souri ironiquement plus d’une fois, notamment lors de cette scène d’ouverture où la journaliste Anne (Elizabeth Moss) interroge Christian (Claes Bang) sur la signification d’une phrase qu’il a écrite sur le blog du musée pour parler de cette exposition et qu’elle n’a pas compris.
Lui non plus, je vous rassure, la grimace d’Anne ressemble à celle que je fais lorsque je m’aventure dans un musée d’art contemporain pour essayer de comprendre (je suis maso par moment).
Mais c’est aussi humain, car Christian joue le bon samaritain, celui qui en voulant porter secours aux autres se retrouve dans la mouise, et va alors avoir une réaction qui ne va guère l’honorer.
Ruben Östlund s’est inspiré de l’expérience du bon Samaritain menée à l’université de Princeton en 1973, tout ce débat autour de cette expérience m’a rappelé mes souvenirs de cours à la faculté sur la théorie des jeux, c’est un concept passionnant mais que je ne développerai pas plus ici, en tout cas c’est plaisant à voir à l’écran et cela pousse à la réflexion.


De la réflexion, ce film a le mérite d’en proposer une palanquée et ne se contente pas de montrer les faiblesses humaines à travers le personnage de Christian, transformé en simili monstre suite au vol de son téléphone, incapable de s’engager dans une relation amoureuse (à sa décharge Anne est aussi perchée dans son genre, je reverrai toujours Elizabeth Moss avec la poubelle à la main après une scène d’amour).
"The Square" met en avant les pires tendances de notre époque, les médias qui font dans le trash pour faire parler de quelque chose, les médias qui jouent avec l’actualité et la biaisent, poussent la pensée des gens dans un sens.
Ce film, c’est un peu le miroir de notre époque et sans doute qu’il fera grincer quelques dents, car cela ne fait jamais plaisir de voir en face nos pire travers.
Et puis il y a cette scène absolument fabuleuse au cours d’un dîner où l’artiste Terry Notary s’avance torse nu et se met littéralement dans la peau d’un singe, poussant des cris, balayant du regard la salle, chahutant avec certains convives.
Je crois que c’est la scène la plus marquante du film, et aussi celle qui a la symbolique la plus forte et condense tous les propos que Ruben Östlund a voulu aborder dans son film.
Il n’est pas étonnant que ce soit cette image qui ait été retenue pour faire l’affiche du film.
J’ai pu apprécier une nouvelle fois la justesse du jeu d’Elizabeth Moss, quelle formidable actrice, et j’ai découvert Claes Bang dont l’interprétation est également très travaillée et s’inscrit parfaitement avec son personnage.


Difficile de dire exactement ce que je ressens vis-à-vis de "The Square", un film particulièrement riche et qui ne laissera pas indifférent, à chacun de sa faire son opinion.


Quelques photographies de la rencontre au Méliès : 






       
     

       
     

4 commentaires: