mardi 29 novembre 2016

Walking Dead Tome 20 Sur le sentier de la guerre de Robert Kirkman et Charlie Adlard


Après un dernier briefing, Rick rassemble ses troupes et va au Sanctuaire où sont regroupés les Sauveurs. Il annonce à Negan que la Colline ne livrera plus de marchandises et propose une trêve. Negan refuse et apprend à Rick que la Colline s'est jointe à lui ! Plus rien ne peut stopper le déchaînement de destruction. (Delcourt)

Ce que je pressentais dans le précédent tome arrive : "On se lance sur un chemin dont j'ignore la longueur et le point d'arrivée. Mais je sais qu'une fois au bout, nous serons au bon endroit.", comprendre que la guerre entre Rick et Negan est déclenchée et que tous les coups sont permis.
Je dis bien tous les coups, car dans ce tome la cruauté atteint un nouveau degré : les zombies ne font même plus peur, il faut dire que le lecteur a fini par s'habituer à leur présence dans le paysage, et ils sont désormais utilisés comme bouclier voire même en arme d'attaque.
Comme le dirait un croupier, les jeux sont faits rien ne va plus.
Il y a dans ce tome, encore plus que dans les précédents, beaucoup de dynamique dans le graphisme et ce volume offre de très belles scènes, avec notamment un Rick haranguant les membres de sa communauté en véritable leader afin de leur donner du courage avant le combat.
Mais on retrouve aussi un Rick qui doute à quelques heures du combat, mais heureusement des personnes sont là pour lui rappeler que c'est lui qui a raison et que son action, même si elle s'avère sanglante, leur permettra de vivre sans Negan : "On ne peut pas vivre selon les caprices de Negan. On ne s'en sortirait jamais. Ce taré finirait par avoir notre peau. A tous.".
Comme précédemment, il y a de très belles planches de combat sur de la pleine page, depuis deux tomes je trouve qu'une dynamique s'est créée entraînant ainsi le lecteur.
Je ne m'attarderai pas trop sur les personnages car ce tome laisse plutôt une très belle place à l'action, quoi que j'ai trouvé un passage avec Ézéchiel particulièrement touchant dans une construction a posteriori alors que d'autres actions sont en cours.
De plus, le recours au noir et blanc, avec tout ce dynamisme graphique, est beaucoup plus parlant que du rouge sang.
Je pressentais également que le personnage de Maggie allait prendre de l'importance, je ne me suis pas trompée car celle-ci devient même le leader de La Colline et rallie à sa cause, et donc à celle de Rick, la population récalcitrante en utilisant des mots justes et en parlant avec son cœur : "J'ai foi en Rick Grimes.".
Les auteurs savent être malins, si ce vingtième tome est un pas de plus dans la violence, sans doute pire que celle connue à l'époque du Gouverneur, le scénario met dangereusement en péril la communauté de Rick et celle de La Colline et d'Ézéchiel, rappelant au lecteur que rien n'est acquis et que n'importe quel personnage peut disparaître à n'importe quel moment.
Telle est la dure loi dans l'univers de "Walking Dead".

"Sur le sentier de la guerre" est un excellent vingtième opus de la série "Walking Dead" qui met les personnages principaux en fâcheuse posture et laisse bien évidemment le lecteur dans l'attente du dénouement de combat à la vie à la mort entre Rick et Negan.

lundi 28 novembre 2016

Walking Dead Tome 19 Ézéchiel de Robert Kirkman et Charlie Adlard


Maggie apprend à vivre sans Glenn et essaye d'être forte pour leur futur bébé. Pendant ce temps, Rick met au point un plan pour se débarrasser de Negan qui ne convainc guère Michonne : faire alliance avec le roi Ézéchiel et son tigre. Arriveront-ils à déjouer les plans perfides du sociopathe Negan ? Pour l'heure, ce dernier vient récolter son dû à la Colline, accompagné de plusieurs Sauveurs. (Delcourt)

Comme son nom l'indique, ce tome permet de mieux connaître le personnage du Roi Ézéchiel : son passé, son histoire, son tigre, pourquoi il se fait passer pour un roi : "Les gens ont besoin de suivre quelqu'un. Ça les rassure. Les gens qui sont rassurés sont plus utiles, moins dangereux ... plus productifs.".
Voilà un personnage fort intéressant et qui entretient une relation naissante avec Michonne qui sera certainement développée par la suite.
Après l'apparition sur le devant de la scène du personnage de Dwight, c'est aujourd'hui au tour d'Ézéchiel, cela contribue à redonner du souffle à l'histoire et à trouver de nouvelles intrigues ainsi que des rebondissements.
Negan est décidément un personnage trouble, si le lecteur avait encore quelques doutes sur sa santé mentale ils sont ici levés, s'il peut faire preuve de mansuétude, par exemple en sauvant indirectement la peau de Rick : "La prochaine fois que quelqu'un me demande de te tuer pour devenir chef à ta place ... je risque bien d'accepter.", il entretient également un rapport très particulier avec Lucille qui, rappelons-le, n'est pas le prénom de sa chérie mais celui de sa batte de baseball avec laquelle il défonce de temps à autre le crâne des gens : "Tu penses peut-être que c'est un objet inanimé. Un morceau de bois sans intérêt, amoureusement cerclé de fil barbelé ... Pas le genre de chose qu'on peut chérir. Mais tu te trompes, bordel. C'est une dame ... mais parfois, ouais ... elle n'est plus si aimable ... En vérité, Lucille est une salope. Mais c'est ma salope. Et cette salope m'a sauvé la mise un sacré paquet de fois.".
Un autre personnage qui me plaît beaucoup est celui de Jésus, non seulement d'un point de vue esthétique mais aussi de caractère.
Il sait trouver les mots justes pour rassurer Rick quand celui-ci doute : "Tu es en train de bâtir quelque chose ... On le voit tous. Quand tu auras terminé, le monde aura changé ... en mieux.", il a clairement du potentiel et j'espère que les auteurs vont continuer à utiliser ce personnage, voire même le mettre encore plus en avant.
Rick et sa communauté ne sont donc plus forcément les personnages centraux des intrigues, cela permet de renouveler l'histoire, après tout leur psychologie a été longuement présentée et décortiquée dans les tomes précédents à tel point qu'il n'y a sans doute plus grand chose à y apporter, toutefois le lecteur ne souhaite pas voir mourir ces personnages.

Ce nouveau tome démontre une nouvelle fois qu'il faut sans cesse s'adapter dans un monde post-apocalyptique.
L'histoire est désormais dispersée entre plusieurs communautés, il y a beaucoup d'interactions entre les personnages, d'ailleurs l'histoire se lit d'une traite car ce tome marque avant tout une transition, tout un mécanisme est en train de se mettre en place avant une grande bataille qui aura certainement lieu dans le prochain tome.
Chacun a désormais pris position : Alexandria, communauté emmenée par Rick et secondée par celle d'Ézéchiel et quelques hommes de La Colline, va mener une guerre sans merci à Negan, alors que dans le même temps Gregory, le responsable de La Colline, ne souhaite pas entrer en conflit ouvert avec Negan.
Très clairement les jeux des alliances ont été faits et vont désormais porter leur fruit ou non, et on se rend compte que les personnages au final adoptent tous un comportement humain quel qu'il soit, certains résistent tandis que d’autres décident de collaborer sans broncher pensant ainsi s'acheter une paix.
Je suis une nouvelle fois agréablement surprise par l'intelligence du scénario qui sait si bien décortiquer tous les sentiments de l'âme humaine et synthétise finalement en si peu de personnages autant de réactions aussi crédibles les unes que les autres.
La belle surprise de ce tome, c'est le personnage de Maggie en deuil et apprenant à vivre sans Glenn qui va se révéler avoir une âme de guerrière et de résistante, sans doute que ce personnage va dorénavant jouer un rôle de premier plan dans la communauté de La Colline.
Enfin, ce tome est aussi l'occasion de confrontations entre Rick et Negan, le dessinateur Charlie Adlard s'en donne à cœur joie et offre quelques très belles planches en grand format sur ces deux personnages que tout oppose.

"Ézéchiel" est un très bon dix-neuvième opus de la série "Walking Dead" dans laquelle se prépare une nouvelle bataille épique qu'il me tarde de découvrir dans le prochain tome.

dimanche 27 novembre 2016

La fille de Brest d'Emmanuelle Bercot

     
     

Dans son hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire inspirée de la vie d’Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité. (AlloCiné)


En fin d'année 2009, un nom commence à circuler : Mediator, celui de la marque sous laquelle est commercialisé le Benfluorex par les laboratoires Servier, médicament retiré de la vente en fin d'année 2009.
Mais c'est en 2010 qu'éclate l'un des plus grands scandales sanitaires, connu sous le nom du Scandale du Mediator, dont nous devons la révélation à la lanceuse d'alerte Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest.
Emmanuelle Bercot a été approchée il y a déjà quelques années pour adapter le livre d'Irène Frachon "Mediator 150 mg : Combien de morts ?", elle a pris son temps pour adapter ce livre, a rencontré Irène Frachon et a mûri finement son projet.
Elle rencontrait une autre difficulté : ne pas réussir à trouver une actrice pour camper Irène Frachon. Elle doit la suggestion de Sidse Babett Knudsen à Catherine Deneuve, héroïne de son précédent film "La tête haute", raison pour laquelle celle-ci figure dans les remerciements.
Ce film retrace donc la lutte d'Irène Frachon contre le Mediator sur les années 2009 et 2010, en se basant pour la première partie le livre de celle-ci et pour la deuxième les entretiens que la réalisatrice a eu eu avec elle.


Comparé à juste à titre à "Erin Brokovich", ce film est à l'image d'Irène Frachon : dynamique, obstinée, une femme qui a su se battre jusqu'au bout pour faire flancher les laboratoires Servier et faire reconnaître la dangerosité mortelle de ce médicament pourtant prescrit depuis 1976.
C'est clairement le combat de David contre Goliath mais heureusement qu'il y a des gens comme elle qui un jour se battent pour sauver des gens comme nous.
Emmanuelle Bercot a su ne pas tomber dans le piège de ce genre de film : perdre le rythme et finir en documentaire.
Au contraire, une situation appelle la suivante et son découpage temporel est très bien fait car il met en lumière les moments-clés de cette terrible affaire qui, je le rappelle, n'est toujours pas finie à l'heure actuelle (et mettra encore certainement des années à connaître un épilogue).
Pour écrire son scénario, Emmanuelle Bercot s'est entourée de Séverine Bosschem, toutes les deux elles ont rencontré les différents protagonistes du scandale du Mediator.
Et en tant que réalisatrice, non seulement il n'y a pas un seul temps mort mais elle plonge d'emblée le spectateur dans le sujet avec une scène d'ouverture se déroulant dans un bloc opératoire lors d'une opération à cœur ouvert (et cœurs sensibles faites attention, cette scène ainsi qu'une autre sont difficilement soutenables).
Emmanuelle Bercot réitère ce processus mais avec une autopsie cette fois-ci à un autre moment important du film.
Je me suis interrogée pour savoir comment Emmanuelle Bercot avait fait pour tourner ces deux scènes, et bien la réalisatrice n'a reculé devant rien et à elle-même assisté à ces deux opérations (à noter que son père est chirurgien cardiaque, l'univers hospitalier ne lui était donc pas totalement inconnu).
La mise en scène d'Emmanuelle Bercot est donc particulièrement enlevée et si elle est une réalisatrice/actrice plutôt rare elle a le mérite d'avoir marqué par trois fois le cinéma Français en un an de temps : avec son précédent film "La tête haute" et avec son Prix d'interprétation à Cannes dans "Mon roi".
Il pourrait paraître saugrenu d'avoir choisi une actrice Danoise pour incarner une Brestoise pur souche, mais il faut reconnaître que Sidse Babett Knudsen, découverte l'année dernière pour ma part dans "L'hermine", s'impose dès les premières secondes et campe une Irène Frachon plus vraie que nature.
Le film a également le mérite de ne pas se focaliser sur Irène mais de mettre aussi en avant les personnes qui l'ont accompagnée dans ce combat : le professeur Antoine Le Bihan, campé par un Benoît Magimel ventripotent, avec qui elle entretient un belle relation sous le signe de la tendresse; son mari Bruno (Patrick Ligardes) ainsi que ses enfants qui l'ont soutenue du début à la fin; Arsène Weber (Olivier Pasquier), son Père Noël de la CNAM; Anne Jouan (Lara Neumann) la journaliste du Figaro qui a fait éclater le scandale dans la presse; mais aussi toute l'équipe du CHU de Brest et l'étudiante Flore Michelet qui a consacré sa thèse à ce médicament et au silence de l'Afssaps et de la CNAM ainsi que Corinne (Isabelle de Herthog), l'une des patientes d'Irène victime du Mediator.
Il y a également de très belles scènes, très touchantes, celle qui m'a le plus marquée reste sans doute l'interview avec Elise Lucet dans un journal télévisé, c'est là que le spectateur s'approche le plus de la personnalité d'Irène Frachon : une femme, une mère, un médecin, proche des gens, de ses patients, humaine tout simplement.


Le scandale du Mediator n'est aujourd'hui pas achevé mais malheureusement ses victimes, pour celles qui sont toujours en vie, en payent tous les jours le prix.
En novembre 2010, la CNAM a confirmé officiellement le chiffre de 500 morts liées au Mediator, une étude estime que ce médicament pourrait entraîner de 500 à 1 000 morts, voire plus.
Nous, patients, sommes donc bien peu de choses face à l'appétit financier de l'industrie pharmaceutique et au silence et à l'aveuglement coupables des autorités de santé censées nous protéger.
Il est plus que temps que cela cesse.


Film engagé et coup de poing, "La fille de Brest" est certainement l'une des œuvres les plus marquantes de cette fin d'année au cinéma, je conseille bien évidemment d'aller le voir.


     
     




Walking Dead Tome 18 Lucille... de Robert Kirkman et Charlie Adlard


La mort de Glenn a été un grand traumatisme pour tous. À sa suite, Rick, qui n'est plus le chef de la communauté, semble accepter sa soumission à Negan, un choix également assumé par Michonne. Rick ne bronche pas quand le tueur revient l'humilier une nouvelle fois. Mais qu'en est-il de Carl ? Celui-ci a échappé à la surveillance de son père, demeure caché et armé d'un fusil. (Delcourt)

Après avoir fait la connaissance de Lucille, la batte de baseball de Negan, dans le précédent tome et les dégâts qu'elle pouvait faire, il était temps de lui consacrer un tome, à elle et à son propriétaire.
Finalement, Rick décide de ne pas se laisser faire et agit par ruse, en faisant croire à tout le monde qu'il a décidé qu'il valait mieux se soumettre : "Ils doivent croire qu'on a peur. Qu'on se soumet. Qu'on n'a pas l'intention de se venger. Ils doivent penser qu'ils nous tiennent. Qu'on a abandonné.", pour pouvoir mieux enfumer Negan et le renverser.
Il faut dire que c'est la première fois que quelqu'un décide de réagir ainsi face à Negan, comme lui dit Jésus : "Il a des règles de taré, mais si on les suit, il est raisonnable ... la plupart du temps.", mais ce dernier en a aussi assez et décide de faire rencontrer à Rick le chef d'une autre communauté : "Je crois qu'il est temps de te présenter Ézéchiel."
Ce dernier s'est auto-proclamé roi et a pour animal de compagnie un tigre, voilà un nouveau personnage que le lecteur va découvrir dans ce tome.
Outre l'arrivée de ce nouveau personnage, l'autre événement majeur de ce tome est la fuite de Carl qui échappe à la vigilance de son père et embarque clandestinement dans le camion de Negan.
Bien entendu il est démasqué à l'arrivée mais plutôt que de le tuer, Negan va au contraire sympathiser avec lui (enfin, comme Negan pourrait sympathiser avec quelqu'un).
Mais cela pourrait aussi se révéler un atout pour le groupe de Rick, car Carl va découvrir l'endroit où vit Negan, quel est son mode de vie, plutôt choquant, et combien ils sont et de quelles armes ils disposent ... .

Ce dix-huitième tome est clairement riche en révélation de tout genre concernant des personnages nouvellement arrivés.
Tout d'abord, c'est la première fois que le lecteur va découvrir le visage de Carl après son accident, et autant dire que ce n'est pas joli-joli à contempler (pour rappel cet accident a valu à Carl de perdre, au sens littéral du terme, un œil ainsi qu'une partie du visage).
Mais il va aussi découvrir un peu plus personnage de Negan, très inquiétant, ainsi que celui du Roi Ézéchiel.
Le mode de vie de Negan n'a pas été sans me rappeler l'univers de "Sin City", personnage qui bénéficie souvent de gros plan, cela accentuant son côté fou, dangereux et imprévisible.
C'est quelqu'un de dynamique et de violent, cela se ressent très bien à l'image.
Le graphisme est très vivant, encore plus que précédemment, donnant ainsi lieu à de grandes scènes d'action, dont certaines occupent même des doubles pages, à des bulles assez grandes permettant de donner un maximum de détail sur les différents endroits de l'action : Alexandria, La Colline et le repère de Negan.
C'est une des particularités de ce tome, l'action se déroule sur plusieurs endroits et cela permet surtout de voir comment, un peu plus d'une année après le début du phénomène qui a considérablement réduit la population terrestre, les personnages, y compris les enfants, ont choisi de prendre leur destin en main et de mener leur vie : certains ont choisi de dominer les autres, de les écraser, de les soumettre à toutes leurs volontés, certains ont ainsi été réduits à un état de quasi esclavage, d'autres ont décidé de subsister par leurs propres moyens (mais ceux-là ont un espérance de vie plutôt courte), tandis que d'autres ont fait le choix de résister, à l'image du groupe de Rick.
Ce personnage a beaucoup mûri par rapport au début et semble aujourd'hui avoir trouvé un équilibre, aussi bien dans sa vie personnelle avec Andrea que dans ses relations avec les autres personnes.
Outre le rebondissement final, je retiens surtout une très belle scène entre Andrea et Michonne dans laquelle cette dernière confesse qu'elle ne se reconnaît plus et qu'elle a de plus en plus de mal à supporter son mode de vie, ayant l'impression d'être un robot tuant sans cesse avec son sabre.
Je trouve que cette scène résume assez bien l'évolution des personnages et la façon dont ils ont mûri, ainsi que la façon dont ils ont été affectés par les événements.

"Lucille ..." est un dix-huitième tome glaçant qui laisse présager de nouvelles sombres heures dans la décidément excellente série "Walking Dead" qui ne cesse de se renouveler et d'amener son lot de surprises.

samedi 26 novembre 2016

Les animaux fantastiques (Fantastic Beasts and Where to Find Them) de David Yates

     
     

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d'être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du "Moldu") déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu… et demeure introuvable. 
Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d'un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s'agit d'une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l'ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d'enquêtrice. Et la situation s'aggrave encore lorsque Percival Graves, énigmatique directeur de la Sécurité du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d'Amérique), se met à soupçonner Norbert… et Tina. 
Norbert, Tina et sa sœur Queenie, accompagnés de leur nouvel ami Non-Maj’ Jacob, unissent leurs forces pour retrouver les créatures disséminées dans la nature avant qu'il ne leur arrive malheur. Mais nos quatre héros involontaires, dorénavant considérés comme fugitifs, doivent surmonter des obstacles bien plus importants qu’ils n’ont jamais imaginé. Car ils s'apprêtent à affronter des forces des ténèbres qui risquent bien de déclencher une guerre entre les Non-Maj’ et le monde des sorciers. (AlloCiné)


Je me suis mise à lire "Harry Potter" sur le tard, ma première expérience ne m'avait pas trop enthousiasmée, ayant acquis un livre de la saga en Anglais (c'est ça aussi de commencer par le tome 3), puis finalement j'ai laissé passer un peu de temps et j'y suis revenue, avec plus de plaisir (toujours en Anglais, j'ai désormais envie de les découvrir en Français).
Quand les livres ont été adaptés au cinéma je ne suis pas non plus allée les voir, j'ai attendu qu'ils passent à la télévision pour les découvrir et là encore, j'ai mis du temps à apprécier les deux premiers opus.
Je n'avais rien lu sur le monde de la magie depuis plusieurs années (y compris "Les animaux fantastiques"), pourquoi donc suis-je allée voir ce film ?
Tout simplement parce que j'ai trouvé la bande annonce très alléchante, et que la présence d'Eddie Redmayne était un gage de casting réussi.
Les personnes à qui je dis avoir vu ce film me posent toutes la même question : mais comment une histoire a-t-elle pu être créée à partir d'un si petit livre qui ne fait qu'énumérer des créatures ?
Je ne m'appelle pas J. K. Rowling, mais je rassure les personnes : oui, il y a bien une histoire et pas uniquement un défilé de créatures plus ou moins étranges; le livre n'est qu'une base qui a servi à J. K. Rowling de développer l'histoire de Norbert Dragonneau.


Nous sommes donc en 1926 et Norbert Dragonneau (Eddie Reydmane) vient de débarquer à New York, ville secouée par d'étranges attaques qui inquiètent au plus haut point le monde des sorciers.
Ces derniers craignent que le redoutable sorcier Gellert Grindewald soit derrière ces attaques dans le seul but de déclencher une guerre entre les sorciers et les Non-Maj' (les moldus, vous et moi en l’occurrence).
Norbert n'a aucune idée du contexte dans lequel il débarque, lui il vient avec une étrange valise qui contient des créatures plus ou moins farceuses (ah l'inénarrable niffleur de Norbert, il va vous faire passer de bons moments, mon gros coup de cœur du film) et plus ou moins dangereuses.
Son seul souci va être de croiser la route d'un Non-Maj, Jacob Kowalski (Dan Fogler), et de mélanger sa valise avec la sienne.
Jacob va donc libérer sans le savoir, mais en en faisant les frais, quelques animaux fantastiques de la valise de Norbert.
Voilà une violation en bonne et du forme du Code International du Secret Magique dont va se saisir l'ancienne Auror Tina (Porpentina) Goldstein (Katherine Waterston), dans le but de récupérer son ancien poste au MACUSA (l'équivalent du Ministère de la Magie aux Etats-Unis).
Cette dernière va toutefois aidée Norbert à récupérer ses animaux, accompagnée de sa belle et si spéciale sœur Queenie (Alison Sudol), une légilimens, ainsi que du brave Jacob.
Dans le même temps, le directeur du département de la Justice magique du MACUSA, Percival Graves (Colin Farrell), enquête sur les divers événements qui secouent New York et le monde des sorciers.


Difficile de résumer de façon très synthétique le pitch du film, comme vous avez pu le constater il y a beaucoup de personnages, beaucoup de situations qui finissent par se croiser les unes avec les autres.
C'est là la première bonne surprise de ce film, le scénario est extrêmement riche et il n'est finalement pas si étonnant que cela d'entendre que la franchise va finalement se décliner en cinq films au lieu de trois.
Il y a matière à créer de nouveaux scénarios, des rebondissements, et d'introduire de nouveaux personnages.
Je suis même un peu surprise que J. K. Rowling ait décidé de garder dans un coin de sa tête cette histoire plutôt que de la sortir en livre, car je suis sûre que le roman aurait rencontré un grand succès.
Mais l'avantage indéniable du film, c'est qu'il permet de mettre des images sur toutes ces créatures, et autant dire qu'il y en a beaucoup.
Voilà l'autre très belle surprise de ce film, il est très beau visuellement et parfaitement réussi au niveau des effets spéciaux (à titre informatif, je l'ai vu en 3D et c'est à mon avis un petit plus).
David Yates n'est pas un inconnu de la saga "Harry Potter", on lui doit les quatre derniers films de cette série et il faut dire qu'ils sont particulièrement bien réussis.
Celui-ci ne fait pas exception à la règle, la mise en scène est impeccable et il est fort heureux que J. K. Rowling ait participé à l'écriture du scénario, il y a beaucoup de rebondissements et le spectateur est mené en bateau sur un point bien particulier de l'intrigue (en tout cas pour ma part je me suis laissée influencer par çe qui me paraissait évident).


Il y a beaucoup de choses à dire sur ce film, et que du positif.
Tout d'abord, j'y ai trouvé une noirceur que l'on retrouve dans les derniers tomes de la saga "Harry Potter", si cet état est particulièrement présent et assumé dans les livres c'était moins le cas dans les films, ici au contraire il y a beaucoup d'aspects sombres dans le scénario et pour certains personnages.
Il ne s'agit en plus que d'un premier volet, à mon avis cela va être développé encore plus dans les autres films de cette nouvelle franchise.
Avant Voldemort le spectateur découvre qu'il y avait déjà des mages noirs avec de sombres destins pour le monde des sorciers et des humains.
Il est beaucoup question de Grindewald mais finalement le spectateur n'a que peu d'informations sur ce personnage, d'ailleurs j'ai un peu eu l'impression que l'histoire était tellement complexe qu'il y a eu quelques coupes dans la version présentée dans les salles obscures.
A voir si la version Blu-Ray/DVD comprendra des scènes coupées.
J'ai particulièrement apprécié que le scénario mette en personnage principal un Non-Maj en la personne de Jacob.
Voilà un personnage très touchant, comme les personnages sorciers je me suis beaucoup attachée à lui et j'ai énormément apprécié que pour la première fois dans la franchise les sorciers se mêlent avec un moldu, allant même jusqu'à lui faire confiance.
En somme, c'est la première fois qu'un moldu est un personnage principal d'une intrigue de cette saga.
L'autre personnage touchant, qui entretient d'ailleurs une relation toute particulière avec Jacob, c'est Queenie, la soeur de Tina. Contrairement à sa sœur elle n'occupe pas un poste très important, mais elle possède un don fabuleux et sait voir au-delà des apparences.
Sous son allure de très jolie femme fragile elle est sans doute plus forte qu'elle n'y paraît et j'espère qu'elle sera un peu plus présente dans les autres films.
A l'image de Jacob, c'est un personnage qui a un grand cœur et qui gagne à être connu.
Il y a également des personnages plus sombres et torturés, pendant un certain temps j'ai même fait de nombreuses spéculations sur le lien entre eux, les événements et la quête de Norbert.
Mais au milieu de toute cette noirceur il y a également des moments drôles et tendres, un véritable régal.
Enfin, je dirai quelques mots sur le personnage de Norbert Dragonneau dont finalement le spectateur ne sait que peu de choses.
Lui aussi est un personnage ouvert d'esprit qui va peu à peu s'habituer à fréquenter d'autres êtres humains alors qu'auparavant il passait beaucoup de temps avec ses animaux fantastiques (stockés dans une valise, ce qui donne lieu à quelques scènes cocasses). 
J'aime la relation qu'il met en place avec Jacob ainsi que le jeu du chat et de la souris avec Tina, là aussi un personnage qui mérite d'être exploré beaucoup plus dans les prochains films.
Si je connaissais Eddie Reydmane, qui est comme à son habitude excellent dans son rôle et très juste dans son interprétation, il n'en allait pas de même avec les autres acteurs.
Qu'importe car au final j'ai trouvé le casting tout simplement excellent.
Un dernier point concernant la musique, j'ai beaucoup apprécié la recherche d'un nouveau thème musical pour s'éloigner de celui de Harry Potter.


Faut-il se précipiter voir "Les animaux fantastiques" dans les salles obscures ?
Sans aucune hésitation oui, car ce film est non seulement divertissant mais également très réussi visuellement et riche de pleins de détails ainsi que d'une trame narrative captivante, bref, un très bon moment de cinéma qui ravira petits et grands.
Un conseil toutefois, éviter d'aller au cinéma avec bagues, colliers et autres bijoux, car sinon gare à vos biens précieux si vous croisez le chemin du charmant niffleur sur l'image juste au-dessus !


     
     

     
     

     
     

     
     

     
     

mercredi 23 novembre 2016

Old Pa Anderson de Hermann et Yves H.


Etat du Mississippi, années 60. Toute sa vie, Anderson a courbé l'échine. Sa petite fille a été assassinée il y a quelques années. Le vieux Noir sait depuis toujours que les coupables sont des Blancs et que la justice ne les retrouvera jamais. Mais hier, la femme d'Anderson est morte de vieillesse. Et aujourd'hui, il n'a plus rien à perdre. (Le Lombard)

Old Pa Anderson traîne sa vie de misère depuis que sa fille est morte en couches et que sa petite fille a mystérieusement disparu, sans doute assassinée, il y a quelques années.
Dans les années 50/60, la ségrégation est bien présente dans les états du Sud et comme le dit un ami à Old Pa : "On n'est juste que des nègres du Mississippi.", il n'y a donc pas eu d'enquête, pas d'arrestation, pas de justice.
Mais voilà qu'Old Ma, sa femme, décède.
Old Pa décide alors qu'il n'a plus rien à perdre et qu'il est temps pour lui de savoir la vérité sur la disparition de sa petite fille, et enfin la venger.

Non seulement ce n'est pas la première collaboration entre Hermann et Yves H. pour la collection Signé, j'ai notamment lu "Station 16", mais c'est écrit en famille car Yves H. de son vrai nom Yves Huppen, est tout simplement le fils de Hermann, de son nom entier Hermann Huppen.
Ce qui m'a attirée vers cette bande dessinée est en premier lieu l'histoire, javais très envie de lire un récit sur cette période de l'histoire Américaine, qui plus est pour une fois sous forme de bande dessinée; et dans un second temps quand j'ai vu les auteurs je savais qu'il y avait peu de chance que je sois déçue.
Le scénario, signé Yves H., a tenu toutes ses promesses, j'ai beaucoup aimé cette histoire de vengeance sous fond d'Amérique ségrégationniste.
Le personnage d'Old Pa touche forcément le lecteur, il a beaucoup de détresse en lui, mais il finit aussi par forcer son respect car il ne recule devant rien pour se venger et ose braver des interdits de l'époque, comme se promener dans le quartier des blancs : "Les gens d'ici n'aiment pas voir des noirs dans le quartier le soir.". C'est de toute façon un homme désespéré qui ne tient plus à la vie et qui décide de faire un baroud d'honneur avant de passer l'arme à gauche.
Même si la fin est prévisible : "Ici, c'est le Mississippi, mon révérend. Et le Mississippi règle ses affaires à sa façon.", elle est particulièrement dure mais au moins j'ai eu le sentiment qu'Old Pa avait accompli son devoir.
Quant aux dessins, par Hermann, ils ne m'ont pas toujours convaincue.
Je ne suis pas particulièrement fan de son style mais ce n'est pas ce que je leur reproche, disons qu'ils manquant de nuance et que les traits des visages ont tendance à être les mêmes pour tous les personnages masculins.
Il faut dire que les nuances de couleur sont plutôt claires ou alors très sombres pour les scènes nocturnes, cela n'aide pas à différencier les protagonistes.
Cela m'a un peu gênée, d'autant que j'ai trouvé certains traits de visages un peu trop caricaturaux.
A contrario, j'ai trouvé certaines scènes très belles et très réalistes, comme cette chasse à l'homme dans les bois en pleine nuit.
Parfois les dessins et la mise en couleur contribuaient à l'atmosphère générale de cette bande dessinée, à quelques autres moments j'ai été gênée dans ma lecture pour être sûre que je ne me trompais pas de personnage.
Je terminerai sur le dossier de postface qui explique de façon synthétique la ségrégation et les implications des lois Jim Crow, le tout accompagné de témoignages dont certains font froid dans le dos, d'autant plus quand on se dit que c'était seulement il y a moins de cinquante ans, hier en somme, et que même aujourd'hui la ségrégation persiste dans certaines zones des Etats-Unis.

"Old Pa Anderson" est une triste bande dessinée qui aborde d'une belle façon la ségrégation dans le Sud des Etats-Unis, une collaboration père-fils intéressante dans la décidément excellente collection Signé des éditions Le Lombard.

mardi 22 novembre 2016

Walking Dead Tome 17 Terrifiant de Robert Kirkman et Charlie Adlard


Après leur visite de La Colline, Rick, Glenn, Michonne, Andrea et Carl décident de retourner à Alexandria. En route, les événements se précipitent lorsqu'ils doivent faire face aux hommes du redoutable Negan. Instinctivement, Rick réagit et envoie un message clair à l'ennemi : ils n'accepteront pas la défaite sans se battre. Message bien reçu. La réponse de Negan ne se fait pas attendre. (Delcourt)

Tout semblait s'annoncer sous les meilleures auspices pour Rick et sa communauté à Alexandria, après une visite à la communauté de La Colline, mais voilà que sur le chemin du retour les événements se précipitent lorsqu'ils doivent faire face à un groupe d'hommes.
Ils ne le savent pas encore, mais il s'agit des hommes de Negan, un redoutable ennemi qui va bientôt venir rendre une petite visite à la communauté d'Alexandria pour y dicter sa loi : "La moitié de tout ce que tu as. Si c'est trop, fais-en plus. Trouves-en plus, voles-en plus. Ta vie, ça sera ça, maintenant. Plus tu résisteras, plus ce sera dur. La prochaine fois qu'on toque à la porte, laisse-nous entrer, bordel. Ta porte, elle est à nous. Tente de nous arrêter et on la défonce, ta putain de porte. C'est compris ?".

Dans ce tome de la série "Walking Dead" un nouvel ennemi appraît : Negan, je pensais que les personnages avaient connu le pire avec le Gouverneur et bien je me trompais car il n'en est rien, ce Negan s'avère être encore plus redoutable, rusé, retors.
Tant qu'à nous présenter un nouveau personnage, le lecteur va aussi faire connaissance avec son arme, sa batte de baseball baptisée Lucille, dont le prochain tome porte d'ailleurs le nom.
Il y a beaucoup de violence dans ce tome, après une période d'accalmie, et Rick commence à douter sérieusement et se remet une nouvelle fois en cause : "Rick ce n'est pas ta faute quand quelqu'un meurt. Mais c'est grâce à toi si on est tous encore vivants.".
Il faut dire que Negan et ses hommes n'y vont pas par quatre chemins et n'hésitent pas à donner une bonne leçon au groupe de Rick en massacrant au hasard un membre du groupe, Glenn en l'occurence, dans une scène particulièrement sanglante.
On sent que la communauté d'Alexandria pourrait voler en éclat très vite si Rick ne se ressaisit pas et ne trouve pas une solution au problème Negan : "J'ai cru qu'on pourrait vaincre ces "sauveurs". J'avais tort.".
J'ai noté dans ce tome une dimension religieuse forte, déjà avec une scène d'ouverture dans une église avec un prêche, mais aussi une opposition marquée du bien et du mal, avec un personnage surnommé Jésus, un autre nommé Ézéchiel, prophète de l'Ancien Testament, tandis que Negan représente l'Enfer et les péchés.
Il est aussi question de communautés pour désigner les différents groupes, cet aspect religieux n'était pas aussi prononcé dans les précédents tomes mais à partir de celui-ci c'est désormais une ligne sous-jacente à l'intrigue.
Si Robert Kirkman ne cesse de renouveler son scénario, il en va de même pour Charlie Adlard qui offre de très belles planches avec beaucoup d'actions, dont certaines sont des pages pleines.

Ce dix-septième tome de la série "Walking Dead" porte bien son nom, "Terrifiant", car de la terreur il y en a dans ce tome avec l'arrivée en scène de Negan, un nouveau cycle vient donc de débuter dans cette série.

samedi 19 novembre 2016

Ella Mahé Tome 4 La couleur des dieux de Maryse et Jean-François Charles et Christophe Simon


Ella Mahé, jeune restauratrice de manuscrits anciens, un peu rêveuse, un peu gaffeuse, pérégrine dans le désert en compagnie de Thomas Reilly, à la recherche de la couleur des dieux. Notre belle héroïne n'est pas insensible au charme du jeune homme, mais elle réalise que celui qu'elle prenait pour un égyptologue érudit s'est servi d'elle, et pire, qu'il lui a menti. Thomas Reilly n'est pas celui qu'il prétend être ! (Glénat)

Le lecteur avait laissé Ella en compagnie de Thomas Reilly à sillonner le désert à la recherche de la fameuse couleur des dieux : "Une nouvelle couleur ! C'est comme l'éternité, personne ne peut l'imaginer !".
Mais en chemin, Ella se rend non seulement compte qu'elle éprouve des sentiments pour Thomas mais aussi qu'il n'est peut être pas celui qu'il prétend, voire même qu'il la manipule depuis le début pour parvenir à ses fins.

Ce dernier tome est l'occasion de découvrir la vérité sur Thomas Reilly mais surtout sur la princesse des sables, cette Égyptienne avec qui Ella partage des points communs malgré les siècles les séparant.
Il était temps d'apprendre qui était cette demoiselle et quelles étaient ses origines, car les auteurs avaient bien su se garder de trop en dévoiler lors des trois premiers tomes.
C'est une histoire assez touchante que celle de cette princesse née de la famille royale, qui dut la fuir et vivre dans un village du désert, et qui jamais tout au long de sa vie n'eut de nom, quand on sait l'importance que les Égyptiennes antiques accordaient à la dénomination de chacun : "Comment, s'il lui arrivait malheur, pourrait-elle se faire connaître des dieux ? Alors ils l'avaient appelée "Princesse des sables".".
Ella va enfin connaître la vérité sur cette femme, dont elle est peut être la réincarnation : "Elle avait des dons incroyables de guérisseuse et des yeux vairons comme les vôtres. La légende raconte qu'un jour elle traversera le désert et reviendra parmi nous.".
Une nouvelle fois, le graphisme de la partie de l'histoire concernant la princesse des sables a été confiée à une tierce personne, ici Christophe Simon.
Ce dernier a su s'adapter au style de Jean-François Charles, si bien que la différence n'est pas aussi nette que dans les trois précédents tomes.
Le graphisme est une nouvelle fois de toute beauté et j'ai beaucoup aimé cette conclusion, la série toute entière pour être honnête.
Maryse et Jean-François Charles se sont documentés auprès d'un égyptologue pour bâtir leur histoire, cela se voit car il n'y a aucune fausse note tout au long de la série et j'ai pris beaucoup de plaisir à voyager dans ce pays avec Ella ainsi qu'à travers le temps.
Je ne sais si je suis frustrée ou satisfaite du parti pris des auteurs de ne jamais dévoiler cette couleur des dieux dont il est si souvent question au cours de l'histoire, toutefois elle a bien éveillé ma curiosité ainsi que celle des personnages : "C'est un fait que cette couleur fait rêver et qu'elle aura suscité bien des convoitises ! Oui, l'Egypte n'a pas encore livré tous ses secrets.".
D'ailleurs je me demande, en tout cas j'espère, si les auteurs ont prévu un deuxième cycle, car je dois reconnaître que la fin de celui-ci est quelque peu frustrante et laisse la prote ouverte à un nouveau cycle.

Une nouvelle fois j'ai pu constater tout le talent de Maryse et Jean-François Charles ainsi que l'alchimie qui existe entre eux à travers l'histoire palpitante d'Ella Mahé, une belle bande dessinée que je recommande.