samedi 20 janvier 2018

Gen d'Hiroshima - Tome 6 de Keiji Nakazawa


Trois années ont passé depuis que la bombe atomique a ravagé Hiroshima ; les survivants tentent de reprendre le cours d'une vie qui, si elle n'aura plus jamais rien de " normal ", doit néanmoins continuer. Plus que jamais dans ce nouveau volume, Gen et ses compagnons sont les témoins des fossés qui divisent et déchirent le peuple japonais : victimes de la bombe qui effraient ceux que l'explosion a épargnés ; sans-abris qui côtoient les profiteurs et les mafieux enrichis par la guerre. (Vertige Graphic)

Ce sixième tome de "Gen d'Hiroshima" se déroule du printemps 1948 à l'été 1949, soit une période de temps plutôt courte mais marquant un tournant dans le Japon d'après-guerre.
La situation est toujours très tendue, la nourriture manque, les yakuzas profitent de plus en plus du système, mais la révolte gronde au sein de la population qui n'hésite plus à se rebeller, une agitation sociale gagne les villes et les travailleurs.
Dans le même temps, c'est la montée du communisme en Chine, et les Américains n'ont qu'une seule crainte : que cette idéologie gagne le Japon.
C'est pourquoi des dialogues s'instaurent entre les Américains et les Japonais pour rétablir la situation.
Gen a onze ans, il a mûri mais ses tribulations ne sont pas finies pour autant, la vie est difficile, la rancœur est tenace vis-à-vis de ceux ayant voulu la guerre et des Américains pour les bombes atomiques lâchées sur le Japon : "C'est sur ceux qui ont oublié nos souffrances ... qui ont déclenché la guerre et qui mènent encore la belle vie qu'il faut jeter des pierres !".
La mère de Gen est gravement malade, elle ne peut que constater, affaiblie, les efforts de ses enfants et de leurs amis pour lui rendre la vie plus facile et la soigner : "C'est si dur ! Si injuste ! Dire que des enfants subissent tout cela à cause d'une bombe ! Leur vie est bien dure ... si dure.".
Survivre reste donc un combat quotidien face à l'injustice et la misère.

Sans doute fallait-il cet ouvrage pour se rendre compte des souffrances endurées par les Japonais, des difficultés de survie dans les années d'après-guerre et de la mise au ban de la société des victimes des deux bombardements atomiques.
Plusieurs années ce sont passées mais des maladies continuent toujours de se déclarer, tandis que les personnes brûlées sont traitées comme des pestiférés.
Au hasard d'une déambulation, Gen va sauver du suicide une jeune femme dont il a croisé le chemin dans les jours ayant suivi le bombardement d'Hiroshima : Natsue, brûlée au visage et dont la carrière de danseuse s'est stoppée net en 1945.
Natsue n'en peut plus de cette vie, elle ne cherche qu'à mourir, pourtant Gen va l'emmener vivre avec ses amis et finit par lui montrer qu'il y a pire situation que la sienne, et que les gens n'abandonnent pas mais cherchent au contraire à s'en sortir malgré tout.
Une claque nécessaire pour Natsue, mais aussi pour Katsuko, elle aussi marquée par les brûlures sur son corps.
Des vies brisées, il n'y a presque que cela dans cette série, mais des vies qui se reconstruisent malgré tout et portent l'espoir d'une vie meilleure.
Dans les années qui ont suivi les bombardements atomiques les suicides ont été monnaie courante, particulièrement chez les femmes.
J'ai aussi été marquée par les choses que des enfants ont dû faire pour survivre, à l'image de Ryûta qui n'hésite pas à voler un clan de yakuza pour permettre à la mère de Gen d'être hospitalisée, ce qui lui vaudra la maison de correction pendant plusieurs mois.
Les enfants devaient devenir des adultes et assumer des tâches et la survie de leur famille ou de ce qu'il en restait, voilà ce qui frappe à la lecture de cette histoire.
Les dessins pourraient laisser penser que les personnages ne grandissent pas, il n'y a pas de modification frappante dans l'apparence de Gen, mais les années qui s'écoulent se ressentent dans les propos et les attitudes des personnages.

En tout cas ce récit me tient toujours autant à cœur et c'est avec beaucoup d'émotion que je suis le devenir de Gen dans le Japon d'après-guerre, avec un sixième tome aussi riche en émotions que les précédents.

jeudi 18 janvier 2018

Gen d'Hiroshima - Tome 5 de Keiji Nakazawa


Hiver 1947-1948. Tandis que Gen se remet de la perte de sa jeune sur, il fait bientôt une nouvelle découverte qui va le bouleverser : les Américains, loin de chercher à soigner les victimes des radiations, sen servent comme cobayes. (Vertige Graphic)

Avec ce cinquième tome de "Gen d'Hiroshima", l'action se déroule de l'automne 1947 au printemps 1948, soit quelques mois, les conditions de vie sont toujours aussi difficiles pour les Japonais d'autant qu'ils vont bien vite découvrir que les Américains les utilisent comme cobayes comme vérifier les effets des bombes atomiques plutôt que de chercher à les soigner.
Comme le dit si bien Gen : "La guerre est pas finie ! Pour nous elle durera toujours ! On l'oubliera pas !", et c'est effectivement bien le cas avec des personnes qui luttent chaque jour pour trouver de quoi manger tout en développant des maladies mystérieuses que personne ne sait soigner pour certaines personnes de Nagasaki et Hiroshima qui semblaient épargner par les effets de la bombe jusque-là : "La guerre du Pacifique prit fin avec l'explosion de la bombe atomique mais la peur engendrée par les radiations fut à l'origine d'un nouveau combat pour ceux qui y furent exposés. L'administration Américaine interdisait formellement toute information au sujet de la bombe. Les cris de douleur de ses 300 000 victimes furent étouffés.".
Et plutôt que de les soigner, les Américains se contentent de faire des relevés et d'étudier les cadavres pour apprendre et découvrir les effets de ces bombes.
Autant dire que cela ne fait qu'exacerber l'amertume des Japonais face aux occupants.

Gen et sa famille vont de nouveau être frappé par le sort, la mère de Gen qui jusque-là ne semblait pas trop atteinte par les radiations de la bombe se met à vomir du sang et tombe gravement malade.
Le mot d'ordre est alors de trouver de l'argent pour la faire hospitaliser, tandis que des orphelins tentent de survivre, quitte à devenir yakusa.
C'est l'amertume qui prédomine dans ce tome, celle des difficultés de la vie quotidienne mais aussi celle face aux conséquences de la bombe qui continue de marquer les gens dans leur chair et surtout celle envers les Américains qui ne font qu'utiliser les personnes comme cobayes.
Pour Gen, encore enfant, le constat est amer : les mêmes personnes, haut placées, qui ont souhaité la guerre se déclarent aujourd'hui pacifistes et continuent de bien vivre et s'enrichir tandis que d'autres souffrent : "Papa avait raison ! Quelques riches ont fait la guerre en disant que c'était pour le pays ou pour l'empereur mais c'est nous et Ryûta qui souffrons ! Les responsables de la guerre et leurs complices vivent toujours bien ! Les responsables de la bombe aussi ! On devrait les punir pour qu'ils recommencent plus jamais !".
Ce fut une réalité historique, malgré les purges faites par l'armée Américaine et le procès qui s'est tenu pour les criminels de guerre (l'équivalent du procès de Nuremberg pour le Pacifique), certaines personnes ont toujours accès au pouvoir.
C'est aussi l'époque des rumeurs qui envahissent le pays vis-à-vis des forces d'occupation et de leur attitude envers les victimes des deux bombardements atomiques.
J'aime tout particulièrement la solidarité qui se crée entre les jeunes personnages, ils s'entraident, n'hésitent pas à faire les quatre cents coups et font parfois preuve de maturité, même s'ils demeurent des enfants.
De façon implicite est également abordée la problématique des brûlés par les radiations qui portent sur eux les stigmates de la bombe et sont rejetés par le restant de la population, à l'image de cette petite fille qui retourne dans l'école uniquement la nuit.
Une triste réalité encore d'actualité pour ceux que l'on nomme les hibakusha.
L'horreur n'est sans doute plus dans les dessins, quoi qu'il soit régulièrement fait référence aux scènes d'apocalypse juste après la bombe d'Hiroshima, mais elle est dans le quotidien, entre les privations, les maladies, les profiteurs.

Ce témoignage est tout simplement bouleversant et c'est toujours avec autant d'émotion que je le découvre, "Gen d'Hiroshima" est décidément une grande oeuvre littéraire indispensable.

mardi 16 janvier 2018

Le chameau sauvage de Philippe Jaenada


Halvard Sanz, gentil garçon naïf, découvre la notion de problème, s'en inquiète, puis, en désespoir de cause, se rassure. (J'ai lu)

Halvard Sanz est un gentil garçon, il est même bien brave comme on dit, et dans ma bouche (ou sous mes doigts) ceci n'est pas un compliment, loin de là.
Halvard est naïf, mais d'une naïveté qui m'a agacée plutôt qu'attendrie, il vit comme ça, au jour le jour : "La vie est belle, peut-être, pleine de moments magnifiques, faciles à vivre, de plaisirs faciles à atteindre, mais je ne me rends compte de rien.", puis rencontre Pollux Lesiak et décide que c'est la femme de sa vie, sauf que celle-ci s'évapore.
Pendant un an il va un peu la chercher, coucher à droite à gauche tout en se rappelant que Pollux est la femme de sa vie : "Je m'y prenais sans doute maladroitement - aller chercher l'âme d'une femme entre les jambes de toutes les autres, ce n'est sans doute pas la bonne méthode - mais il fallait bien que je fasse quelque chose. On ne peut pas rester sans rien faire. On ne peut pas s'arrêter.", puis faire le point sur sa lamentable vie : "J'avais rencontré Pollux Lesiak un an plus tôt, j'avais décidé de changer après l'avoir perdue, et en un an, je m'étais transformé en un lamentable automate. C'était réussi, ma fuite. Un triomphe. Splendide. Je ne m'intéresse plus à personne et je n'intéresse plus personne. Un bilan remarquable.", et continuer ainsi, en attendant de recroiser peut-être Pollux Lesiak.

Si Halvard est pitoyable à mes yeux, ce livre l'est tout autant.
Premier roman de Philippe Jaenada je ne comprends pas comment il a pu être primé, car je n'y ai vraiment rien trouvé d'innovant ni justifiant le devenir de cet auteur.
L'histoire aurait pu m'intéresser mais je n'ai pas franchement apprécié la construction (i.e la course pour retrouver celle que l'homme a décrété comme femme de sa vie) et surtout pas du tout le personnage de Halvard.
Je n'ai rien trouvé dans ce personnage qui m'a permis de m'y intéresser un tant soit peu, je n'apprécie ni sa façon d'être ni ses raisonnements, c'est tout à fait le genre de personnage littéraire à qui j'ai envie de coller une baffe.
A partir de là difficile d'apprécier la lecture, dont le récit a par moment tendance à stagner quand j'attendais un peu plus de rebondissement.
Le style ne m'a pas non plus marquée, en prime je trouve qu'il fait un peu vieillot et rappelle vraiment les années 90, année de sa parution.
Je n'ai pas trouvé l'histoire drôle ou loufoque, je n'ai à aucun moment souri alors que le résumé pouvait le laisser penser.
Je comprends que ce livre de Philippe Jaenada soit plutôt méconnu, il n'a vraiment rien de transcendant et en cela comporte une bonne partie des défauts d'un premier roman.
Quant au chameau sauvage ... et bien il faut attendre les dernières pages pour avoir l'explication du titre du roman et de la présence d'un chameau sauvage, sincèrement cela arrive bien trop tardivement et pour ma part cela ne va absolument pas changer ma vision de la vie comme vanté par la quatrième de couverture.
Allez, seul point positif : j'aime bien la couverture de l'ancienne édition.

Je vais plutôt m'empresser d'oublier "Le chameau sauvage" ainsi que son auteur et reléguer cette lecture dans la catégorie des accidents.

dimanche 14 janvier 2018

Gen d'Hiroshima - Tome 4 de Keiji Nakazawa


Dans ce quatrième volume de la saga Gen, les membres rescapés de la famille Nakaoka sont enfin réunis. L'action, moins condensée que dans les trois volumes précédents, se déroule sur deux années, qui correspondent aux débuts de l'occupation américaine et à la découverte des conséquences mortelles des radiations nucléaires. Dans un pays en ruines où règnent désormais le non-droit et la loi du plus fort, le jeune Gen continue d'inventer, pour lui, sa famille et ceux qui croisent leur chemin, des moyens de survie. (Vertige Graphic)

Contrairement aux précédents volumes, celui-ci a une histoire moins condensée puisqu'elle se déroule sur deux années, de septembre 1945 à septembre 1947, marquant ainsi la fin de la guerre et les débuts de l'occupation du Japon par l'armée Américaine.
Le Japon a capitulé, dans les conditions que l'on connaît, et l'armée Américaine occupe désormais le territoire, en charge de rétablir un gouvernement, de veiller au rétablissement de conditions économiques respectant le traité signé, mais aussi de veiller au rapatriement des Japonais étendus sur plusieurs pays et, dans une moindre mesure, de s'occuper de la reprise de l'agriculture et de s'assurer que chacun a suffisamment accès aux aliments esssentiels.
Comme l'on pourrait s'en douter, l'armée d'occupation ne s'intéresse pas à ce point pourtant essentiel, ce qui fait que la population Japonaise vit dans des conditions déplorables: manque de blé, de riz, d'accès aux biens de première nécessité, aux soins, et où la plupart des endroits ont subi de graves dégâts causés par les bombardements, notamment ceux atomiques.
Le ressentiment de la population Japonaise est donc fort vis-à-vis des occupants, en particulier pour le jeune Gen : "Je comprends ce que tu ressens. Moi aussi je voudrais leur faire payer ce qu'ils nous ont fait. Mais on ne peut rien faire. Nous avons perdu. On ne peut qu'oublier et continuer à vivre."

Si les tomes précédents montraient déjà un Gen se débrouillant par tous les moyens possibles pour faire vivre sa famille, celui-ci montre que c'est le cas dans toutes les familles ou presque, certaines femmes n'hésitant pas à troquer leurs charmes pour quelques biens de première nécessité, et certains soldats n'hésitant pas à se servir directement voire même à violer des femmes.
La guerre n'est jamais belle mais l'après-guerre non plus.
Il est aussi question des yakusas, ces clans de mafieux qui vont profiter des ruines du Japon pour s'imposer et bâtir leur fortune, quitte à engager de nombreux orphelins errants dans les ruines pour accomplir les basses tâches, destin qui attend le jeune et attachant Ryûta.
Après être apparu comme des guerriers sûrs d'eux et de leur domination sur le monde asiatique, les Japonais se présentent désormais comme pacifistes.
Force est de constater une nouvelle fois toute la puissance de cette œuvre dans un récit qui se lit d'une traite et offre une vision différente du Japon, une vision qui permet de rendre compréhensible ce pays, entre ce qu'il a été avant guerre, pendant puis après la guerre.
J'ai été touchée par les conditions de vie de Gen et de sa famille, et plus généralement des Japonais à cette époque.
Le personnage de Gen est vraiment très attachant, à la fois petit garçon espiègle et joueur mais aussi plus posé et prêt à tout pour aider sa famille et d'autres enfants.
C'est l'une des choses un m'a le plus frappée dans cette histoire, bien que miséreuse la famille de Gen n'hésite pas à aider d'autre orphelins en leur offrant un toit ou à manger, ainsi que de l'affection.
Voici une belle preuve de solidarité, ce qui n'était pas monnaie courante au Japon à cette époque.
Et puis le temps a beau commencé à passer, les horreurs de la bombe sont toujours présentes et s'ancrent dans le quotidien des rescapés, c'est aussi ce qui ressort de cette histoire.

Ce quatrième volume de "Gen d'Hiroshima" est tout aussi passionnant que les précédents et permet même à l'histoire de prendre une autre dimension en s'inscrivant définitivement dans la grande ainsi en dans les œuvres majeures de la littérature sur la Seconde Guerre Mondiale.

lundi 8 janvier 2018

Black Out de Brian Selznick


L’histoire de deux enfants, l’une en mots, celle de Ben, l’autre en images, celle de Rose, qui, à deux époques différentes, partent en quête d’identité dans la ville de toutes les passions : New York. Ben, parce qu’il découvre une nuit, dans la maison de sa défunte mère, un livre sur les musées avec une dédicace : « Pour Danny, de tout mon cœur, M », décide de partir à la recherche de son père. 
Rose, une jeune sourde-muette, parce qu’elle ne supporte plus de vivre chez son tuteur, part retrouver sa mère, actrice. (Bayard Jeunesse)

Peu après avoir vu le film "Le musée des merveilles", je me suis précipitée en bibliothèque pour emprunter le roman dont il est tiré, et bien je ne regrette pas car le livre est tout aussi beau que le film.
Le livre est imposant : un peu plus de 600 pages, mais il se lit extrêmement vite car les seules parties écrites concernent le récit de Ben; le récit de Rose, sourde et muette, étant constitué de dessins de l'auteur.
Les deux époques s'alternent, jusqu'à ce que le destin réunisse Rose et Ben à New York, et que Ben trouve enfin les réponses à ses questions sur son père : "En réfléchissant aux différents maillons qui l'avaient mené jusqu'ici, Ben s'émerveilla qu'on puisse en remonter la chaîne, comme sur une carte de chasse au trésor, à partir d'un livre, d'une tortue et d'un cabinet provenant d'une ancienne exposition, pour arriver à Walter, à Rose, à Danny, à Elaine et, enfin, à lui.".
Le chemin sera long et parsemé d'embûches, mais c'est un voyage qui vaut le coup, aussi bien pour Rose à son époque que Ben à la sienne.
J'ai été touchée par l'histoire de ces deux personnages que la vie n'a pas épargné : Rose parce qu'elle est sourde et muette mais surtout rejetée par sa mère, une célèbre actrice, et mal aimée par son père; Ben car il vient de perdre sa mère dans un tragique accident et qu'il ne sait rien de son père, sa mère ayant toujours refusé de lui en parler.
A noter que Ben est également sourd d'une oreille, et que suite à un coup de foudre il va perdre l'ouïe à sa deuxième oreille.
L'auteur a pris soin de se renseigner sur le monde des sourds et muets, les perceptions qu'ils ont du monde, ce qu'ils ressentent, comment ils s’épanouissent dans le vie et appréhendent le monde; mais aussi comment il est possible de perdre définitivement l'ouïe avec l'orage et plus particulièrement la foudre(et donc pour cela il faut déjà être sourd d'une oreille).
Malgré la tristesse de l'histoire, il y a aussi des moments de joie, la naissance d'une belle amitié, et de nouvelles rencontres qui vont changer la vie de Ben.
Comme quoi tout espoir n'est pas perdu et que "Nous sommes tous au fond du trou, mais certains regardent les étoiles".
Le graphisme du livre est magnifique, j'ai aussi pu apprécier à quel point le film était fidèle au roman, tout y est : la chanson "Space Oddity", le cabinet des merveilles, les déambulations dans New York à travers le musée d'histoire naturelle et la maquette de la ville, et si la fin n'est pas différente je trouve qu'elle passe mieux à la lecture et n'a pas ce côté abrupt que l'on peut ressentir à la fin du film.

La lecture de "Black Out" fut un véritable moment de plaisir, belle découverte de cet auteur dont je lirai les autres romans qui se prêtent apparemment très bien aux adaptations cinématographiques.

dimanche 7 janvier 2018

Paddington 2 de Paul King

       
     
Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d’adoption, dans un quartier paisible de Londres, où il est apprécié de tous. Alors qu’il recherche un cadeau exceptionnel pour les cent ans de sa tante adorée, il repère un magnifique livre animé, très ancien, chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l’acheter ! Mais lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable. (AlloCiné)


Paddington est de retour !
Je suis littéralement tombée sous le charme de cet ours gourmand, gaffeur, drôle et si attachant; c'est donc sans hésitation que j'ai filé voir ce deuxième opus dans les salles obscures.
Et bien non seulement c'est toujours aussi bien, mais c'est même encore mieux et ces nouvelles aventures de Paddington pourraient surpasser le premier volet !
Désormais Paddington vit avec les Brown et coule des jours paisibles dans cette famille, faisant également le bonheur des habitants du quartier, sa seule préoccupation étant de trouver un cadeau pour l'anniversaire de sa tante.
Et le cadeau idéal, Paddington le trouve, le seul petit hic, c'est que ce livre sur Londres coûte très cher, Paddington va enchaîner les emplois pour gagner de l'argent.
Mais ce que l'ours ne sait pas, c'est qu'un comédien sur le retour convoite ce livre qui révélerait où un trésor a été caché, et que lorsque ce dernier le vole dans un magasin d'antiquités c'est Paddington qui est arrêté et envoyé derrière les barreaux.


Paddington continue d'enchaîner les mésaventures, après avoir traité de la tolérance et de l'acceptation d'autrui, ce film traite de l'innocence mais aussi de la facilité avec laquelle certaines personnes se détournent des autres dès que celles-ci se trouvent accusées d'avoir commis quelque chose.
Fort heureusement pour lui, Paddington est optimiste et plein de sagesse, il s'évertue à ne jamais se départir de sa joie de vivre et cherche à voir le meilleur en chacun, ce qui lui sera d'une grande aide en prison.
Non seulement ce film véhicule un beau message de tolérance mais il est aussi très drôle.
Certaines scènes font sourire tandis que d'autres franchement rire aux éclats (ah la cantine en prison !).
Paddington est d'une fraîcheur savoureuse, il est innocent et parfois naïf mais il a bon cœur et il fait fondre tout le monde.
Le scénario aurait pu être simpliste mais il amène du rebondissement, je le trouve bien élaboré alors que parfois ce genre de film se contente d'aligner les situations comiques.
Outre mon attachement à Paddington, j'aime aussi la famille des Brown, une famille soudée dans laquelle il y a toujours une personne pour rappeler aux autres ce qu'il convient de faire.
Le casting est le même que dans le premier opus, je trouve les comédiens particulièrement bons dans leur rôle et convenant très bien aux personnages.
Si dans le précédent opus Nicole Kidman campait une méchante taxidermiste, ici c'est Hugh Grant qui joue le méchant comédien faisant emprisonner Paddington et cherchant à faire main basse sur le trésor.
Le comédien livre ici une prestation jouissive doublée d'autodérision, j'ai même l'impression que c'est le rôle qui l'a le plus amusé ces dernières années.
Et puis ce film est aussi un prétexte pour se promener dans Londres, cette ville si fascinante à découvrir de jour comme de nuit, à tel point que j'ai bien envie d'y retourner.
Pour tout dire, j'ai même très envie de découvrir les aventures de Paddington en littérature, et qu'importe mon âge !


"Paddington 2" est un excellent film de fin d'année qui plaira aux petits comme aux grands et que je recommande donc vivement !


       
     

       
     

       
     

samedi 6 janvier 2018

Deux sœurs pour un roi de Philippa Gregory


Introduite au palais de Westminster, à l'âge de 14 ans, Marie Boleyn est séduite par le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D'abord éblouie par le jeune souverain, elle comprend très vite qu'elle sert d'appât au milieu des complots dynastiques. Quand l'intérêt du roi pour elle s'émousse, le clan Boleyn demande à sa soeur et rivale, Anne, de le séduire à son tour. (Editions l'Archipel)

Les sœurs Boleyn ont décidément beaucoup inspiré les œuvres de fiction : leur soi-disant rivalité, leurs amours, leurs scandales, leur diabolique famille.
Philippa Gregory s'attaque ici à la rivalité entre Marie et Anne Boleyn : "Je suis née pour être votre rivale, répliqua-t-elle posément, et vous, la mienne. Nous sommes sœurs, n'est-ce pas ?", toutes deux ayant été la maîtresse de Henri VIII, l'une lui ayant donné deux enfants illégitimes, l'autre ayant accédé au trône après son mariage et la rupture avec Rome, qui laissera une fille, future reine d'Angleterre, et dont le destin sera tragique.

C'est très manichéen : la gentille blonde et la méchante brune, l'oie blanche et la renarde calculatrice.
La famille Boleyn est présentée comme calculatrice, n'hésitant pas à pousser les filles dans le lit du roi pour s'obtenir de bonnes grâces : "Ma famille jugeait la situation idéale : la nuit, le roi possédait dans son lit la Boleyn féconde; le jour, la Boleyn intelligente évoluait à son bras et le conseillait.", et sans égard face à la candide Marie qui raisonne avec son coeur plus qu'avec sa tête : "Vous sourirez, même avec un cœur brisé, car vous êtes une femme, une courtisane et une Howard, ce qui fait de vous, trois fois, la créature la plus dissimulatrice de la création.".
L'histoire est racontée par Marie, celle-ci apparaît très contrastée par rapport à sa sœur, elle ressent des émotions contrairement à Anne qui est présentée comme un coeur de pierre : "Vous n'êtes que passion, sentiments et désir : cela me rend furieuse.".
C'est une représentation très facile, trop facile même, car la réalité était sans doute plus nuancée que cela.
Et il est facile de faire apparaître Anne comme une manipulatrice croqueuse d'homme, couchant avec son frère lui-même attiré par des hommes; et Henri VIII comme un monarque cruel, versatile et coléreux, dont l'Histoire ne retient essentiellement que ses épouses et leur triste sort.
Mais voilà, il fallait bien raconter une histoire et que le lecteur s'attache à l'un des personnages, Marie en l’occurrence, la seule gentille avec un cœur de toute cette galerie de courtisans vils flatteurs pour obtenir quelques grâces royales.
"L'erreur n'a point sa place à la cour.", si Marie arrive toujours à s'en sortir grâce à sa bonne nature il n'en va pas de même pour Anne qui connaîtra le sommet de la gloire et dont la chute sera inversement proportionnelle à son ascension.
Je connais assez bien l'histoire des Boleyn et de la cour de Henri VIII, autant dire que l'auteur s'est permise de prendre des libertés par rapport à la réalité historique mais étrangement cela passe ainsi.
C'est un peu le mystère de cette lecture, l'histoire n'est pas franchement originale, le style n'est pas flamboyant, mais ça se lit bien et vite malgré le nombre de pages.
Je n'approfondirai sans doute pas cette lecture en regardant l'adaptation cinématographique qui en a été faite, là encore de nombreuses libertés ont été prises.

"Deux sœurs pour un roi" reste une lecture de divertissement qui se lit bien malgré un manque de profondeur et de nombreuses facilités.


vendredi 5 janvier 2018

Preview ciné 2018 - Clap 2


Abordons maintenant les adaptations littéraires au cinéma en 2018 et les films que je redoute, certains étant liés.

Et pour commencer, parlons de "Ready Player One" de Steven Spielberg adapté du roman du même nom et dont la bande annonce laisse craindre le pire, en tout cas le film ne semble pas aux premières images être à la hauteur du roman :

       
     

J'hésite sur "The Greatest Showman", la balance penche plutôt pour aller voir le film.

       
     

"Annihilation" a également été porté à l'écran et devrait sortir au printemps 2018, malheureusement pas sur les écrans semble-t-il.

       
     

"Call me by your name" s'annonce comme une adaptation littéraire à guetter lors de sa sortie en France.

       
     

L'une des premières adaptation à venir, "L'échappée belle" :

       
     

Autre adaptation prévue en 2018, "Un raccourci dans le temps" :

       
     

Jean Becker a adapté "Le collier rouge", sortie prévue au printemps en 2018, et voilà pour un rapide tour des adaptations littéraires à venir au cinéma en 2018.